Rawbank est un modèle réussi de business familial en Rd.Congo. Sa success story a été évoquée au cours de la cinquième édition du forum économique international Makutano à Kinshasa. Des experts, hommes d’affaires, avocats et cadres de cette banque ont réfléchi samedi 7 septembre 2019 autour des difficultés que rencontrent les entreprises familiales face au défi de la pérennité après le décès de l’initiateur.

Les panélistes sont tous partis d’un constat amer : très souvent, les fondateurs des entreprises familiales ont du mal à passer le relais aux successeurs. Cinq causes expliquent cette difficulté, dont notamment, le manque de préparation jugé souvent comme une conséquence de l’égoïsme des fondateurs. Aussi, dans d’autres cas, la préparation se passe à la va-vite.

Contrairement aux entreprises dont les fondateurs ne sont pas africains, les enfants sont initiés aux affaires dès leur jeune âge. Ils sont orientés à suivre des filières dont l’intérêt porte sur l’entreprise. Ce qui n’est pas le cas pour la plupart des congolais en particulier et africains en général. A ce sujet, Rawbank est une entreprise qui illustre bien le cas d’une bonne préparation.

«Au sein de Rawbank, nous avons vu les enfants Rawji commencer au plus bas de l’échelle pour accéder à des postes de grandes responsabilités. Cette façon de faire permet à la personne promue de bien comprendre les problèmatiques de chaque service », a témoigné le Directeur Général Adjoint chargé des risques et de l’administration, Christian Kamanzi.

Il y a ensuite, les règles d’héritage issues de la tradition. Les panélistes ont constaté, très souvent; que des postes de grandes responsabilités sont attribués selon le droit d’ainesse et non pas les compétences. Ils ont également évoqué la pression culturelle. S’il est difficile de dissocier l’entrepreneur de sa personne, il existe un antagonisme entre le relationnel et le passionnel. Bien plus, dans des familles nombreuses, remarquent – ils, tous les enfants veulent avoir leur part dans l’entreprise. Ce qui pousse certains à céder l’entreprise aux tiers. Enfin, l’expatriation d’héritiers. Sur ce point, Joss Ilunga, CEO de Dijimba a partagé son témoignage. Vivant et travaillant en Europe, il a dû rentrer au pays pour prendre le relais dans l’entreprise familiale Pharmagros. Des experts sont d’avis qu’il y a lieu de contourner toutes ces difficultés pour pérenniser les entreprises familiales en RDC. Cette session d’échanges et de réflexions de la cinquième édition du Makutano avait été sponsorisée par Rawbank.